Infertilité : est-il possible de restaurer l’ovulation ?

Infertilité : est-il possible de restaurer l’ovulation ?

D’après une étude parue dans la dernière édition du Journal of Clinical Investigation, il serait possible de permettre à certaines femmes stériles de produire à nouveau des ovules. Des chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) ont trouvé un moyen de combattre efficacement l’action néfaste de la prolactine sur la fertilité…

Après un accouchement, quand une jeune maman allaite, elle produit en grande quantité de la prolactine, hormone qui bloque, un temps, sa capacité d’ovuler. Il a été montré par de nombreuses études que, suite à certaines maladies ou certains cancers, la sécrétion de prolactine était aussi augmentée et pouvait, par la même occasion, entraîner des périodes d’infertilité chronique.

C’est en étudiant de près les mécanismes à l’origine de cette production anormale de prolactine, que Nadine Binart et ses collègues de Unité Inserm 693 ont découvert l’existence d’une perturbation au niveau de la sécrétion d’une hormone, connue sous le nom de GnRH, et jouant un rôle « clé » dans la reproduction et la fertilité.

Afin de mieux comprendre les différents processus enclenchés par la surproduction de prolactine, les chercheurs français ont mis au point un modèle de souris hyperprolactinémiques simulant ainsi la pathologie humaine. Pour ce faire, ils leur ont inséré des micropompes à libération prolongée de prolactine sur une période de 28 jours.

C’est en comparant les données obtenues avec des rongeurs ayant des cycles normaux (tous les 5 jours), et celles recueillies sur les animaux traités, n’ayant plus de cycle, ou ayant des cycles irréguliers, que les scientifiques ont découvert que la prolactine inhibe la sécrétion de kisspeptine par certains neurones. Sans cette protéine, l’organisme est incapable de produire de la GnRH et donc, d’ovuler.

Ainsi, d’après les chercheurs de l’Inserm, il serait possible de rétablir la production d’ovules chez les femmes présentant des taux élevés de prolactine dans l’organisme, en leur injectant des doses définies de kisspeptine. Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles pistes de recherche dans la lutte contre l’infertilité…

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